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Welcome to Suchitoto

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... l'aventure se transporte au El Salvador, Amérique Centrale

vendredi 2 avril 2010

C'est pas facile d'être pauvre



Alors, j’entame déjà ma troisième semaine ici. Je commence à connaître les recoins de Kingston et à me sentir confortable là-dedans. Et je viens tout juste de m'acheter un vélo, alors je suis en selle. 

Toutefois, ce n’est pas une ville charmante, loin de là. Je suis passé dans les coins les plus pauvres et les plus « animés » récemment et ce n’est pas du tout attirant. C’est le chaos, la saleté et la misère humaine carabiné. Je vais éviter ces coins, que fut jadis, m’attiraient tant. J’ai assez donné.

Là où je vis, dans le New Kingston, c’est pas si pire : moderne, bons petits cafés, bons restos. Mais c’est très cher : au moins autant que chez nous et parfois, plus cher. C’est le Kingston des riches. (Et il y en a plusieurs ici.) En fin de semaine, je suis allé visiter une partie moins flamboyante de la ville, Half Way Tree : un joli bordel d’autobus et de monde vendant de tout dans le désordre le plus total. Bon, là, je me reconnais.

Mais c’est encore très loin d’être aussi pauvre que le vrai, vrai Kingston. Ça, je l’ai vu hier en revenant d’un formation dans le centre-ville. Ça, ce n’était vraiment pas joli, joli. Ça me rappelait le Nicaragua dans ce qui était le plus dur : maison de tôle, gens désœuvrés dans la rue, saleté, pauvreté extrême. Tout cela à 200 mètres des buildings chics de Air Jamaica et les centres bancaires des grands de ce monde. C’est vraiment partout pareil.



La semaine passée, nous avons reçu un cours rapide sur la culture sociale et politique du pays par une historienne chevronnée, bavarde, critique et bien politisée. Elle a brossé un tableau pas très joli de son peuple qui a subi les affres de la colonisation et l’asservissement à l’homme blanc (lire : esclavage). Résultat : un peuple avec un grand mépris pour lui-même, une société FORTEMENT hiérarchisé (tant au niveau de la couleur – brown is better - que des classes sociales – très riche et très pauvre bien sûr), menant à énormément de violence s’exerçant contre eux-mêmes, etc. Le classique, quoi.

Toute son histoire m’a fait penser à nous Québécois, dans le temps que nous étions des porteurs d’eau et nés pour un petit pain. Nous nous méprisions aussi gai luron dans ce temps là. Et nous avions les mêmes oppresseurs, les Anglais. Heureusement, nous avons fait une Révolution Tranquille et aujourd'hui nous sommes tous et toutes riches, égaux, libres, égalitaires, unis et fier de nous (sic). 

C'est pas facile d'être pauvre ...

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