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Welcome to Suchitoto

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... l'aventure se transporte au El Salvador, Amérique Centrale

mardi 13 juillet 2010

Kingston, mon monstre toi ...


Bon, je pense qu’il est plus que temps de parler de la Jamaïque, du moins de ce que j’en connais le mieux, c'est-à-dire Kingston.

J’aurai mis beaucoup de temps avant d’en parler en détail car je devais l’apprivoiser un peu avant d’en décrire les dessous.

En fait, je devais arrêter de l’haïr.


Jusqu’à très récemment, je suis resté dans le même carré de quartiers où je travaille et je vie. Rare phénomène pour moi. Le grand explorateur que je suis habituellement s’est retenu bien sagement ici. C’est dire à quel point je n’aime pas cette ville. Rien à voir, à visiter, rien de beau.

J’ai visité le centre-ville un peu cette semaine quand je suis allé pour une réunion avec Laura, par affaire. Je n’y vais certainement pas par plaisir car le centre-ville est là où puent toute la pauvreté et la saleté de la ville. Il y là le marché principal et je n’y ai pas encore mis les pieds car je l’ai vu en passant et c’est le capharnaüm total, une poubelle à ciel ouvert. C’est drôle, mais c’est comme si j’avais donné dans le « voir la pauvreté et la misère humaine de près », donc je mesure mes distances dans Kingston.

Mais, il faut tout de même bien constater et enregistrer la réalité, non ?

Voici par thèmes :

­      Le transport (le pire élément de Kingston)

À Kingston, la majeure partie du transport urbain se fait avec des autobus d’à peu près 20 places assis – 30 debout. On les appelle les « coasters ».


Autre version





ü       Remplis à ras-le-bord d’humanité souffrante, il va sans dire. D’un état délabré, sale, les sièges défoncés. Et en nombre impressionnant. Ils partent du nord et de la banlieue tout proche, pour se rendre au sud, où se trouve le centre ville, par la route la plus directe possible (et vice-versa de trajet). Ça coûte un dollar pour en prendre un mais si on change de bus ou de direction, on doit payer de nouveau. Ils ne vont pas partout et sont censés être un supplément au système d’autobus de la ville. Ils passent sans horaire mais il y en a des centaines.

ü       Comme rien n’est régimenté dans leurs business, ils se font tous la course pour le client. Les chauffeurs se coupent la voie et vont à une vitesse folle pour arriver à l’arrêt suivant avant l’autre coaster. Ils conduisent aussi mal que vite; juste pour le plaisir de se faire peur et nous faire rouler sous les bancs, j’en suis sûr. En plus, la plupart du temps, les chauffeurs sont ben stoned. Ça doit être en effet assez gazant de faire cela tout la journée, tous les jours, pour un salaire de crève-faim. En plus, tout cela se passe agrémenté d’une musique très forte, omniprésente. Soit du rap, soit du reggæ, soit autre chose que je ne saurais nommer.

ü       Un coup monté, on traite le client comme de la marchandise empaquetable et jetable. (Sauf les jeunes filles, surtout les jeunes écolières, qui se font poigner le cul avant même d’être dans le bus). On peut être assis trois là où il y de la place pour deux, on fait lever des gens pour donner leur place à d’autres pour des raisons obscures. Le client n’est pas tout à fait roi ici.

ü       Dans les coasters, il y un « agent de bord » qui ramasse les sous pour le chauffeur. C’est lui d’ailleurs, qui aide les culs des jeunes femmes à monter dans le bus. Il crie aussi a tous que l’autobus va à tel ou tel endroit. Le hic, c’est qu’ils vont tous au même endroit. Alors, il se penche hors de l’autobus et crie aux passants : « Prenez mon coaster, prenez le mien. » Tout ce vacarme est augmenté et accompagné par le klaxon que le chauffeur actionne le plus souvent possible. Autant pour avertir les gens (que l’agent va aussi avertir vocalement, bien sûr) que pour avertir les autres coasters qu’il va leur foncer dessus s’ils essaient de prendre son potentiel client.

ü       Alors imaginez les dizaines de coasters passant à l’heure, escortés par tout ce brut + la participation des autres conducteurs de voitures, qui eux, ADORENT klaxonner pour tout et pour rien (c’est pire qu’à Montréal) et vous avez le portrait de l’atmosphère chatoyant et paisible qui garni nos journées entières à Kingston.


ü       ANECDOTE : l’autre jour, l’agent de notre coaster et son chauffeur étaient particulièrement en forme. Le chauffeur était spécialement inspiré dans sa conduite démentielle et essayait de couper tous les autres coasters dans ses environs. Il est même allé jusqu’à buter sur un autre coaster pour le tasser, brisant un des ses miroirs extérieurs. Évidemment, il a été pris en chasse par 2 coasters qui se sont mis à le tasser à son tour. Lui, les évitant de justesse, en zigzagant à gauche et à droite, entre lesdits véhicules. Et nous qui nous nous faisons brasser gai luron à l’intérieur. Voyant que le climat se réchauffait, ni un, ni deux, l’agent de bord sort sa machette d’un pied de long et se met à vouloir faire la peau des autres agents de bord passant près de son véhicule. Charmante promenade en autobus vers le centre-ville, un matin de travail ordinaire. 

ü       Il y aussi des racoleurs au terminus qui sont payés à la pièce de gens qu’ils font monter dans le coaster. Donc, ils te courent après pour te faire monter dans LEUR coaster le plus rapidement possible, ils te jettent quasiment dans le bus. Toutefois, après t’avoir fait empiler à toute vitesse dans ledit bus, le chauffeur va attendre  d’être bien plein avant de partir, ce qui prend le temps que ça prend.

ü       Les « route taxis » : (n’oubliez pas que tout ceci se passe en anglais ici .... ou en patois - cf. plus loin). Les route taxis suppléent aux coasters qui eux, suppléent aux autobus normaux. (Vous aurez compris que le système d’autobus normal est assez ordinaire. Il n’y en a pas beaucoup et ils ne sont pas souvent.) On doit s’entasser 5 dans un taxi qui fait une route prédéteminée dans la direction est-ouest de la ville. On les prend habituellement au terminus mais on peut les arrêter en cours de parcours s’ils ne sont pas remplis à ras bord. Même prix : un dollar, peu importe comment loin tu vas.

ü       Le terminus d’autobus s’appelle Half Way Tree : c’est le chaos total. Des milliers de personnes qui y passent, en plus des vendeurs qui vendent. Des centaines d’autobus qui émettent leur fumée, qui ne ferment jamais leur moteur. En bonus, ici les écoliers n’ont pas de transport pour eux. Pas d’autobus jaune. Donc, ils/elles arrivent à coup de centaines pour prendre le bus, et ce, à toutes heures de la journée. C’est hallucinant. 



ü       Ce qui me fascine des autobus de la ville, 



      c’est l’attente sans fin avant de partir. Contrairement aux coasters, qui partent quand ils sont pleins – comme dans tout pays sous-developpé qui se respecte – ceux de la ville attendent après je ne sais quoi. Il n’y pas d’horaire, alors … Donc, quand le chauffeur est enfin prêt, il soit l-e-n-t-e-m-e-nt du terminus et aussitôt sorti, s’engage dans une course folle pour arriver je ne sais où. Ils compétitionnent même avec les coasters … juste pour le fun.

ü       Autre élément intéressant, c’est d’être LE seul blanc dans les autobus. Littéralement. Quand je prends le bus, il n’y a JAMAIS d’autres blancs. Les blancs – et ceux-qui-ne-sont-pas-pauvres-pauvres, ne prennent jamais les transports en commun. C’est en auto que cela se passe. De là le nombre effarant d’autos pour une ville si petite. Tout le monde prend son auto pour se déplacer un tant peu que ce soit.

1 commentaire:

  1. Pour dire qu'on a le goût d'aller se promener en "étobus" à Kingston... pas vraiment!!! Comment se fait-il que cette île ait une réputation assi idyllique alors que ce soit aussi bordélique?

    Faut dire que ce qu'on en sait nous vient des voyageurs fortunés qui se paient de luxueux hôtels cinq étoiles, barricadés et isolés de la triste réalité de ce pays.

    Faque, on va laisse faire comme destination de voyage... Merci Robert, de partager tes réflexions et de nous tracer un portrait aussi réaliste. Je te voyais, assis dans l'autobus au chauffeur à la conduite démentielle. T'imagine l'expression faciale, les yeux ronds et anxieux.T'es fait fort, mon grand voyageur ! Je t'embrasse xxx

    Ti-Lou

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