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Welcome to Suchitoto

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... l'aventure se transporte au El Salvador, Amérique Centrale

samedi 19 novembre 2011

… LE SEXE ou LA SOLITUDE ...

OK, cette semaine j'ai décidé de vous épargner un peu. À cause que la semaine passée, c'était peut-être un peu lourd. Et aussi à cause des réactions que j'ai eues.

Jusqu'à maintenant, les commentaires que j'ai eus sont très amusants, révélateurs et, surtout, variés. Ça va de me faire demander si je suis en dépression, à merci pour l'inspiration à penser; aussi, que c'est criant d'intelligence et de vérité; etc. Mais pas beaucoup de détails ou de ''re-lançage'' ou approfondissements. Ça va venir, je suppose.


Le sexe, c'est toujours plus l'fun que l'espoir ...


But it is sex, it turned out, that engages us in society, and keeps us on or toes, and persuades us to retract our rough edges, so we can mix in. Without the sexual need to negotiate, there is little to curb the neurotic crankiness”

The Widows of Eastwick
John Updike

Opinion ouvert au dialogue et à la discussion : le désir sexuel et la solitude sont les deux pôles les plus puissants, les plus opposés et, en même temps, les plus incrottablement ancrés de l’âme humaine.

La solitude est l'état de l'âme que tout le monde experimente, ressent et veut fuir. Avec laquelle nous avons le plus de difficulté à vivre et qui, en même temps, est un élément essentiel de notre make-up psychologique comme humains. La solitude nous habite tous et toutes au plus profond de notre âme. Personne n’y échappe, même ceux qui ne sont pas seul.


Qui connaît la solitude, sait qu’elle est plus terrible à deux.
Sylvain Lelièvre


Chez nous, chez les riches du nord et de l'occident, nous avons l'impression de l’avoir vaincue, cette solitude maudite, que nous contrôlons la situation. Tout simplement à cause de tous les moyens matériaux que nous avons à notre disposition pour la fuir – ou pour «l'assumer».

Les options de fuite sont innombrables, variées et également très puissantes :

  • l'alcool;
  • les drogues, légales et illégales : incluant, bien sûr, Prozac (12 millions de prescriptions d'antidépresseur au Québec seulement, l'année passée, parait-il – bonne business), marijuana, cocaïne, Viagra et j'en passe;
  • la bouffe, beaucoup de bouffe (beau bonjour au monde des obèses!);
  • automobiles, systèmes de son, ordinateurs, Internet, ciné-maison, vêtements hyper- confortables, voyages;
  • le sexe et l'amour;
  • le travail - surtout le travail – c'est commode et c'est payant en plus.


La solitude est même, j'en suis sûr, en partie responsable de la popularité de la lecture. Lire pour meubler sa solitude, lire pour se donner l’impression qu’on n’est pas seul. Pour se convaincre que la solitude, «j’aime-bien-dans-le-fond». On s’habitue, quoi. Avec un bon livre, on peut aller n’importe où, souper seul dans n’importe quel restaurant, sans avoir l’air fou. Sans avoir l’air de quelqu’un qui est … seul.

Toutes des fantaisies, des fuites, des abstractions, des distractions, des inventions du mentale. Nous croyons avoir bannie la solitude de nos vies en ayant « du plaisir ». Grave erreur. La solitude est toujours en nous mais nous croyons qu’elle ne l’est plus et c’est là le grand danger : ne n’en sommes plus conscients.

Alors, c'est la tragédie, la confusion et la dépression (encore des antidépresseurs) quand cela nous frappe, car notre stratagème de fuite n’a pas fonctionné. Le problème est que nous ne savions même pas que nous fuyions. Donc, nous ne comprenons pas pourquoi nous ne sommes pas heureux. Il n'y a pas pire solitude qu'une solitude ignorée, inconnue, non-assumée, niée. De là, la nécessité d’être conscient. Pour l’accepter avant qu'elle ne se montre derrière notre façade de fuite ratée.

En réalité, la solitude n’est pas du tout, toute noire. En étant conscient de son existence, en l’accueillant, nous pouvons l’apprivoiser réellement. Nous pouvons, en sa compagnie, aller vers une grande libération : une libération de la peur et de la dépendance. En la domptant un peu, dans la pleine conscience, nous pouvons nous libérer de la tyrannie des autres, du besoin des autres. Nous avons énormément à apprendre de notre solitude, c'est d'ailleurs pourquoi elle existe. Pour nous transformer; voire, nous aider à évoluer. C'est quelque chose de souhaitable à vivre, mais vivre bien.

Cependant, le sexe (et son désir), mauvais joueurs, ne nous laisseront pas si facilement atteindre cette paix intérieure et ce détachement de l'autre. Oui, le sexe nous garde éveillé et en état d’intérêt – voire de dépendance - envers les autres. Précision : quand je parle ici de sexe, j’inclus toutes les formes de plaisir sensuel et amoureux avec les autres; le «collage», l’affection, le partage, le rire complice, l’intimité. Sexe au sens noble et large du mot. (J'ai seulement utilisé le mot «sexe» pour attirer un plus large public ...)

APARTÉ : D'ailleurs je suis convaincu que si ce n’était pas pour le désir sexuel, nous - les hommes et les femmes - ne nous parlerions, ne nous regarderions, même pas. Nous nous trouverions suprêmement ennuyants et pénibles.

Bon, j’exagère peut-être un peu.

Toutefois, c'est ce que certain-e-s m'ont raconté : un coup débarrassé de ce maudit désir – le moins qu'on baise, le moins qu'on a le goût de baiser – ils/elles sont libres du sexe opposée et peuvent s'installer confortablement dans la solitude.

Est-ce une voie souhaitable …?

Cependant, il faut voir que le désir et le sexe ne pourront jamais oblitérer la solitude. Ce ne sont pas des voies d'échappatoire à la solitude.

Inversement, peut-on, doit-on, se débarrasser du désir pour apprivoiser la solitude?

La gestion de ces deux pôles opposés est définitivement problématique. Comment savoir quand nous sommes dans la fuite de la solitude en passant par le sexe et l’amour ? Comment savoir quand nous sommes dans la fuite de de l'amour et de l’attraction sexuelle par la solitude, soi-disant, « bien assumé » ?

Peut-être que, de nos jours, la terrible solitude est plus facile à gérer que la relation amoureuse - le désir - dans un monde moderne où nous pouvons financièrement nous passer l'un de l’autre. Donc, on tue le désir sexuel, on attaque une fois pour toutes la solitude – du moins nous accumulons de bons trucs à cet égard- et, voilà, nous sommes libres, libres, libres.

Hmmmm …

Et là, tout d’un coup, la vieille fille qui pensait avoir réglé tous ses problèmes d’hommes, en s’abstenant soigneusement de toute relation amoureuse et/ou sexuelles depuis des années, tombe amoureuse cul-par-dessus-tête avec un mec qu’elle n’a pas venu venir. Tout ce bel apprivoisement de la solitude et ce «je-suis-bien-toute-seule, je-me-suis-habituée, ça-ne-me-dérange-plus-la-solitude» : paf ! Disparue. Le désir maudit est revenu par la porte de côté, en vrai voleur. Soudainement, la solitude a perdu son attrait et nous nous en départissons sans la moindre hésitation, ni regret

Tout cela pour un petit désir crapuleux. La solitude est défaite.

Mais a-t-elle disparu pour autant ...

2 commentaires:

  1. It may not be hope or desire we must be rid of. It may not be solitude that we must find and embrace, it most like is mediocrity we must say no to. First we must learn to recognize it. Most of us likely do not even have a clue as to what this may look like or even feel. Happy in hell so to speak. We have all lived moments, months, years and decades in and out of relationships thinking we must be happy or that we are doing the "right thing" only to realize one day that finding ourselves and facing ourselves is the hardest thing to do. The mirror we look into every morning we never truly stop to see beyond. One day out of nowhere, for no reason we can point at, it hits us. Who is that person I am looking at? The journey to solitude and then the amazing connections and contradictions this brings about are fascinating parts of life. I am not sure I would label them as anything in particular yet I do beleive that only then can one glimpse at moments of happiness.

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  2. Tell me, dear Lex, who are you ? You seem to know me but do I know you ?

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